2 siècles d’électricité

Enseignement scientifique — Terminale — Thème 2 : Le futur des énergies

Chapitre 1 — Deux siècles d’énergie électrique

De la pile de Volta aux panneaux photovoltaïques, ce chapitre montre comment des découvertes scientifiques ont permis de produire de l’énergie électrique et comment on choisit un matériau photovoltaïque adapté.

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I — Trois inventions historiques à connaître

Depuis deux siècles, plusieurs inventions ont permis de produire de l’électricité. Dans ce chapitre, il faut connaître trois grandes étapes historiques : la pile, l’alternateur et la cellule photovoltaïque.

1 — La pile électrique

Volta — 1800

L’électricité a été montrée par Volta en 1800.

En plus d’avoir montré l’existence de l’électricité, Volta a créé une pile électrochimique.

Dans une pile, on produit de l’énergie électrique toujours de même valeur.

Type d’électricité produite : courant continu.

Énergie chimique
Énergie électrique
2 — L’alternateur

Faraday — XIXe siècle

L’alternateur repose sur le phénomène d’induction électromagnétique.

Dans un alternateur, un mouvement relatif entre un aimant et une bobine permet de créer un courant électrique.

Type d’électricité produite : courant alternatif.

Énergie mécanique
Énergie électrique
3 — La cellule photovoltaïque

Becquerel — 1839

La cellule photovoltaïque permet de transformer un rayonnement solaire en courant électrique.

Une cellule PV est un générateur qui convertit une partie de l’énergie lumineuse en énergie électrique.

Type d’électricité produite : courant continu.

À ne pas confondre : Becquerel met en évidence l’effet photovoltaïque en 1839 ; Einstein explique l’effet photoélectrique en 1905.

Énergie radiative solaire
Énergie électrique
À connaître en rouge : pile de Volta en 1800 : courant continu, alternateur et induction électromagnétique : courant alternatif, cellule photovoltaïque : courant continu, Einstein explique l’effet photoélectrique en 1905.

II — L’alternateur : induction électromagnétique

Le principe de l’alternateur est de mettre en mouvement un aimant par rapport à une bobine, ou une bobine par rapport à un aimant. Cela crée une tension électrique.

Alternateur : conversion d’énergie mécanique en énergie électrique Stator : bobines fixes N S Rotor : aimant en rotation source de champ magnétique arbre tension induite Tension alternative produite temps u(V) À reconnaître : source de champ magnétique + conducteur en mouvement relatif = induction électromagnétique

Compétence exigible

Reconnaître sur un schéma les éléments principaux d’un alternateur : source de champ magnétique et fil conducteur en mouvement relatif.

Rendement

Le rendement d’un alternateur peut être proche de 1 : η = énergie utile / énergie reçue. Les pertes viennent notamment des frottements et de l’échauffement par effet Joule.

Une grande partie de l’électricité mondiale est produite avec des alternateurs : centrales hydroélectriques, éoliennes, centrales nucléaires, centrales thermiques.

III — La cellule photovoltaïque

La cellule photovoltaïque convertit une partie de l’énergie radiative solaire en énergie électrique. Elle utilise des matériaux semi-conducteurs.

Principe simplifié

Un photon du rayonnement solaire peut être absorbé par le matériau. Si son énergie est suffisante, il permet à un électron de passer dans un état où il peut participer à la conduction électrique.

Photon solaire
Électron excité
Courant électrique

Semi-conducteur

Dans un semi-conducteur, il existe une bande de valence et une bande de conduction, séparées par une énergie appelée énergie du gap, notée Eg.

Bande de conduction Bande de valence Eg absorption d’un photon
Le matériau absorbe un photon seulement si l’énergie du photon est suffisante : Ephoton ≥ Eg.

IV — Énergie du photon, énergie du gap et longueur d’onde maximale

La lumière est constituée de photons. L’énergie d’un photon dépend de sa longueur d’onde.

Ephoton = h × c / λ

Avec :

  • h = 6,63 × 10-34 J·s : constante de Planck ;
  • c = 3,00 × 108 m·s-1 : célérité de la lumière ;
  • λ : longueur d’onde en mètre.

La vraie formule à utiliser

Pour déterminer la plus grande longueur d’onde absorbable par un semi-conducteur, on part de la relation :

Eg = h × c / λmax
λmax = h × c / Eg

Attention : si Eg est donnée en électronvolt, il faut d’abord la convertir en joule : E(J) = E(eV) × 1,60 × 10-19.

Phrase à connaître

Plus l’énergie du gap est faible, plus la longueur d’onde maximale absorbée est grande. Le matériau peut alors absorber une partie plus étendue du spectre solaire.

Longueur d’onde λ (nm) Intensité solaire spectre solaire simplifié 550 nm 1100 nm matériau Eg = 2,2 eV matériau Eg = 1,2 eV 04008001200

V — Exercice type clé : choisir le matériau le plus adapté

Le but est de calculer λmax pour deux matériaux à partir de leur énergie du gap, puis de comparer ces longueurs d’onde au spectre solaire.

Matériau 1

Énergie du gap : Eg1 = 1,2 eV

Eg1 = 1,2 × 1,60 × 10-19 = 1,92 × 10-19 J
λmax1 = (6,63 × 10-34 × 3,00 × 108) / (1,92 × 10-19)
λmax1 ≈ 1,04 × 10-6 m = 1040 nm

On peut arrondir à environ 1000 à 1100 nm selon les constantes utilisées.

Matériau 2

Énergie du gap : Eg2 = 2,2 eV

Eg2 = 2,2 × 1,60 × 10-19 = 3,52 × 10-19 J
λmax2 = (6,63 × 10-34 × 3,00 × 108) / (3,52 × 10-19)
λmax2 ≈ 5,65 × 10-7 m = 565 nm

On peut arrondir à environ 560 nm.

Interprétation : le matériau 1 absorbe les photons jusqu’à environ 1030 nm, donc il couvre une grande partie du visible et une partie de l’infrarouge proche. Le matériau 2 n’absorbe que jusqu’à environ 560 nm : il laisse passer une grande partie du visible rouge et de l’infrarouge.

Rédaction attendue

On convertit d’abord les énergies de gap en joules, puis on calcule la longueur d’onde maximale absorbée avec λmax = h × c / Eg. Pour le matériau 1, λmax ≈ 1040 nm. Pour le matériau 2, λmax ≈ 565 nm. Le spectre solaire reçu au sol contient une grande partie du rayonnement visible et du proche infrarouge. Le matériau 1 absorbe donc une plus grande partie du spectre solaire que le matériau 2. Le matériau 1 est donc le plus adapté pour fabriquer une cellule photovoltaïque.

Attention à la justification

Il ne suffit pas d’écrire « le matériau 1 est meilleur ». Il faut expliquer : calcul de λmaxcomparaison au spectre solairechoix argumenté.

VI — Caractéristique I-U d’une cellule photovoltaïque

La cellule photovoltaïque est un générateur. Sa caractéristique donne l’intensité I délivrée en fonction de la tension U.

Tension U Intensité I point de puissance maximale Uopt Iopt Icc : courant de court-circuit Uco : tension à vide P = U × I

Puissance électrique

P = U × I

Plus le produit U × I est grand, plus la puissance fournie par le panneau est grande.

Rendement

η = Pélec / Psolaire reçue

Le rendement indique la part de l’énergie solaire reçue réellement convertie en énergie électrique.

VII — Point de fonctionnement et adaptation de la charge

Lorsqu’un panneau photovoltaïque alimente un appareil électrique, le point de fonctionnement dépend à la fois du panneau et de l’appareil branché.

point de fonctionnement optimal charge non adaptée : P trop faible Tension U Intensité I droite de charge : U = R × I

Si la résistance de l’appareil n’est pas adaptée, le point de fonctionnement n’est pas optimal et la puissance est trop faible.

On doit intercaler un régulateur électronique qui adapte en permanence la charge, pour placer la cellule au point optimal et permettre au panneau photovoltaïque de donner toute sa puissance.

Ropt = Uopt / Iopt
Cette adaptation doit être faite en permanence, car la caractéristique du panneau change avec l’éclairement et la température.

VIII — Documents à analyser avec données réelles

Document 1 — Frise historique des trois inventions

Les technologies électriques ne sont pas apparues d’un coup. Elles s’appuient sur des découvertes expérimentales, puis sur leur exploitation technique. Cette partie correspond directement à l’esprit du programme : comprendre comment la recherche scientifique peut conduire à des innovations technologiques.

1800 Pile de Volta chimique → électrique 1831 Faraday induction électromagnétique 1839 Becquerel effet photovoltaïque PV : courant continu 1905 Einsteineffet photoélectrique Trois repères historiques à connaître
Questions :
  1. Quelle invention réalise une conversion chimique → électrique ?
  2. Quelle découverte est à la base des alternateurs modernes ?
  3. Quelle découverte est à la base des cellules photovoltaïques ?
Source : cours manuscrit + programme officiel de terminale enseignement scientifique
Document 2 — Spectre solaire reçu au sol : axes gradués

Le spectre solaire reçu au sol contient du visible et du proche infrarouge. Les valeurs sont simplifiées, mais les axes permettent une vraie lecture graphique.

Longueur d’onde λ (nm) Irradiance spectrale (W·m⁻²·nm⁻¹) 00,51,01,52,02,5 300500700900110013001500 visible 400–700 nm IR proche
Questions :
  1. À quelle longueur d’onde le spectre est-il proche de son maximum ?
  2. Le visible correspond-il plutôt à 400–700 nm ou à 1000–1500 nm ?
  3. Pourquoi un matériau qui absorbe jusqu’à 1030 nm est-il intéressant ?
Source : spectres solaires de référence NASA/NOAA, valeurs simplifiées pour l’analyse
Document 3 — Choisir un matériau avec Eg : axes gradués

On compare deux semi-conducteurs. Le matériau absorbe les photons dont la longueur d’onde est inférieure à λmax. On calcule λmax avec la vraie formule λmax = h × c / Eg, après conversion de Eg en joules.

Longueur d’onde λ (nm) Absorption possible 300500700900110013001500 Matériau B : Eg = 2,2 eV → λmax ≈ 565 nm Matériau A : Eg = 1,2 eV → λmax ≈ 1040 nm 560 nm 1030 nm visible
Questions :
  1. Calcule λmax pour Eg = 1,2 eV.
  2. Calcule λmax pour Eg = 2,2 eV.
  3. Quel matériau absorbe la plus grande partie du spectre solaire ?
Source : méthode du cours + constantes h = 6,63 × 10⁻³⁴ J·s, c = 3,00 × 10⁸ m·s⁻¹, e = 1,60 × 10⁻¹⁹ C
Document 4 — Caractéristique I-U : valeurs exploitables

La puissance fournie par une cellule photovoltaïque vaut P = U × I. Le point utile est celui où le produit U × I est maximal.

Tension U (V) Intensité I (A) 0510152025012345 point max : U = 17 V ; I = 4,2 A 17 V4,2 A
Questions :
  1. Lire graphiquement Uopt et Iopt.
  2. Calculer Pmax = Uopt × Iopt.
  3. Calculer Ropt = Uopt/Iopt.
Source : caractéristique typique de module photovoltaïque, valeurs pédagogiques réalistes
Document 5 — Rendements photovoltaïques : axes gradués

Les rendements varient selon les technologies. Le rendement d’un panneau commercial est inférieur aux records de laboratoire.

Technologie Rendement (%) 01020304050 23%Si commercial 28%Si labo 45%multi-jonctions
Questions :
  1. Lire le rendement approximatif d’un panneau silicium commercial.
  2. Pourquoi un record de laboratoire n’est-il pas toujours représentatif d’un panneau installé ?
  3. Citer une perte possible qui explique que le rendement ne soit pas 100 %.
Source : NREL, Best Research-Cell Efficiency Chart ; ordres de grandeur panneaux commerciaux

Sources indicatives pour les documents : programme officiel d’enseignement scientifique ; NASA/NOAA pour le spectre solaire ; NREL pour les rendements photovoltaïques ; valeurs pédagogiques réalistes pour les caractéristiques I-U.

IX — Exercices types avec technique de rédaction

Exercice type 1 — Calculer λmax et choisir un matériau

On souhaite fabriquer une cellule photovoltaïque. On compare deux matériaux semi-conducteurs : le matériau A possède Eg = 1,2 eV et le matériau B possède Eg = 2,2 eV.

  1. Calculer λmax pour chaque matériau.
  2. Comparer ces valeurs au spectre solaire.
  3. Choisir le matériau le plus adapté et justifier.
Correction rédigée attendue :

On utilise la relation λmax = h × c / Eg. Il faut d’abord convertir l’énergie du gap en joules : E(J) = E(eV) × 1,60 × 10-19. Pour A : Eg = 1,2 × 1,60 × 10-19 = 1,92 × 10-19 J, donc λmax ≈ 1,04 × 10-6 m = 1040 nm. Pour B : Eg = 2,2 × 1,60 × 10-19 = 3,52 × 10-19 J, donc λmax ≈ 5,65 × 10-7 m = 565 nm. Le matériau A absorbe une plus grande partie du spectre solaire, notamment le visible et une partie du proche infrarouge. Le matériau A est donc le plus adapté pour une cellule photovoltaïque.


Exercice type 2 — Reconnaître les éléments d’un alternateur

Un alternateur contient un aimant en rotation et une bobine fixe.

  1. Identifier la source de champ magnétique.
  2. Identifier le conducteur.
  3. Expliquer pourquoi il y a production d’une tension électrique.
Rédaction attendue :

L’aimant constitue la source de champ magnétique. La bobine est le conducteur. Lorsque l’aimant tourne par rapport à la bobine, il existe un mouvement relatif entre le champ magnétique et le conducteur. Cela provoque un phénomène d’induction électromagnétique, donc une tension électrique apparaît aux bornes de la bobine.


Exercice type 3 — Puissance et rendement d’une cellule photovoltaïque

Une cellule photovoltaïque reçoit une puissance solaire de 100 W. Au point de fonctionnement, elle délivre une tension U = 18 V et une intensité I = 1,1 A.

  1. Calculer la puissance électrique fournie.
  2. Calculer le rendement.
  3. Expliquer pourquoi il faut se placer au point de puissance maximale.
Rédaction attendue :

La puissance électrique vaut P = U × I = 18 × 1,1 = 19,8 W. Le rendement vaut η = Pélec / Psolaire = 19,8 / 100 = 0,198, soit environ 20 %. Il faut se placer au point de puissance maximale pour récupérer le plus possible d’énergie électrique.


Exercice type 4 — Résistance optimale

Pour un panneau photovoltaïque, on mesure Uopt = 30 V et Iopt = 5 A.

  1. Calculer la puissance maximale.
  2. Calculer la résistance optimale à connecter au panneau.
  3. Expliquer le rôle d’un régulateur électronique.
Rédaction attendue :

Pmax = Uopt × Iopt = 30 × 5 = 150 W. La résistance optimale vaut Ropt = Uopt / Iopt = 30 / 5 = 6 Ω. Le régulateur électronique adapte la charge pour maintenir le panneau au point de puissance maximale.

X — Compétences exigibles du programme

Ce qu’il faut savoirCe qu’il faut savoir faireOù cela apparaît dans le cours
Les alternateurs exploitent l’induction électromagnétique. Reconnaître la source de champ magnétique et le conducteur en mouvement relatif. Partie II + exercice type 2.
Un alternateur convertit une énergie mécanique en énergie électrique avec un rendement proche de 1. Définir un rendement et citer un phénomène de pertes. Partie II + rendement.
Les semi-conducteurs sont utilisés dans les capteurs photovoltaïques. Comparer le spectre d’absorption d’un semi-conducteur et le spectre solaire. Parties III, IV, V + exercice type 1.
Un panneau photovoltaïque convertit partiellement l’énergie radiative en énergie électrique. Argumenter autour de l’installation ou du choix d’une technologie photovoltaïque. Documents, rendements, point de fonctionnement, adaptation.

XI — Fiche bilan

1. Volta montre l’électricité et réalise la pile en 1800 : conversion chimique → électrique.

2. L’alternateur repose sur l’induction électromagnétique : conversion mécanique → électrique.

3. La cellule photovoltaïque convertit une partie du rayonnement solaire en électricité.

4. Un semi-conducteur possède une énergie du gap Eg. Il absorbe un photon si Ephoton ≥ Eg.

5. Pour choisir un matériau photovoltaïque, on calcule λmax avec λmax = h × c / Eg après conversion de Eg en joules, puis on compare au spectre solaire.

6. Le point de fonctionnement optimal permet d’obtenir la puissance maximale P = U × I.

7. Si la charge n’est pas adaptée, la puissance est trop faible ; un régulateur permet d’adapter la charge.